La vitamine C et émulsions

Sources : cnrs inist, Wikipédia, La Nutrition

Pour faire nos cosmétiques, il est conseillé d’utiliser de la vitamine C sous forme de phosphate ascorbylique de sodium ou de la vitamine C sous forme de phosphate ascorbylique de magnésium.

Il vaut mieux ne pas utiliser la vitamine C sous forme de palmitate ascorbylique.

On peut trouver de la vitamine C stabilisée (INCI : Sodium Ascorbyl Phosphate) chez Bilby.

La stabilité du palmitate ascorbylique, du phosphate ascorbylique de sodium et du phosphate ascorbylique de magnésium dans des formulations topiques a été étudiée par la chromatographie liquide renversée directe de haute performance de phase après dilution d’échantillon avec un amortisseur approprié – mélange de dissolvant organique.

Le palmitate ascorbylique, le phosphate ascorbylique de sodium et le phosphate ascorbylique de magnésium sont des dérivés d’acide ascorbique qui diffèrent dans les propriétés hydrolipophilic. Ils sont employés couramment dans les préparations cosmétiques et pharmaceutiques.

Selon les résultats, les esters ascorbyliques ont montré des différences significatives : le phosphate ascorbylique de sodium et le phosphate ascorbylique de magnésium sont des dérivés plus stables de vitamine C que le palmitate ascorbylique et peuvent être facilement employés dans les produits cosmétiques.

La vitamine C est un des plus puissants anti-oxydant.

La vitamine C est une vitamine hydrosoluble sensible à la chaleur et à la lumière.

Chimiquement parlant, il s’agit de l’acide L-ascorbique et de ses sels, les ascorbates (les plus courants étant les ascorbates de sodium et de calcium).

La vitamine C est un cofacteur enzymatique impliqué dans un certain nombre de réactions physiologiques (hydroxylation). Elle est requise dans la synthèse du collagène et des globules rouges et contribue au système immunitaire. Elle joue également un rôle dans le métabolisme du fer en tant que promoteur de son absorption; son utilisation est donc déconseillée chez les patients porteurs d’une surcharge en fer et particulièrement d’une hémochromatose. Sous forme oxydée, elle traverse la barrière hémato-encéphalique pour accéder au cerveau et à plusieurs organes à forte concentrations de vitamine C. Il s’agit d’un antioxydant, molécule capable de contrer l’action néfaste d’oxydants comme les radicaux libres. À cet effet, on emploie également la forme D- (Dextrogyre) de l’acide ascorbique qui, à l’inverse de la forme L- (Levogyre), ne présente pas d’activité vitaminique.

Très fragile en solution, elle est détruite au contact de l’air (par oxydation) ou sous l’exposition à la lumière (par action des ultraviolets) et la chaleur accélère ces processus. Cependant, la chaleur seule ne détruit la vitamine qu’à l’approche de la température de fusion à 190 °C.

Alors que la plupart des mammifères sont capables de la synthétiser dans leur foie ou dans leurs reins (ce n’est donc pas une vitamine pour eux), la majorité des primates (dont l’être humain), le cochon d’Inde et certains oiseaux et poissons en sont incapables. Ceci est le résultat d’une mutation génétique, survenue il y a 40 millions d’années, bloquant la transformation du glucose en acide ascorbique. Les animaux dépourvus de cette capacité de synthèse de la vitamine C doivent donc la puiser dans leur alimentation.

Les recommandations européennes conseillent un apport quotidien de 75 mg pour la femme et de 90 mg pour l’homme. A titre d’exemple, une orange apporte en moyenne 53 mg de vitamine C (40 à 80 mg par 100 g).

En France, L’AFSSA recommande un apport journalier de 110 mg pour un adulte de 20 à 60 ans. Les personnes exposées davantage aux effets nocifs des oxydants, comme les fumeurs, ont des besoins accrus en vitamine C. Certains scientifiques, comme Linus Pauling (double prix Nobel), considèrent que les apports nutritionnels recommandés devraient être d’au moins 200 mg, voire 500 mg.

Une importante carence en vitamine C, très rare, provoque le scorbut, lorsque l’apport est de moins de 10 mg par jour. Les hypovitaminoses plus discrètes sont très répandues et se traduisent par de l’asthénie, un amaigrissement, des maux de tête, des douleurs osseuses, une plus grande sensibilité aux infections et parfois des problèmes hémorragiques.

La vitamine C est habituellement non toxique. De très fortes doses (plusieurs grammes par jour) peuvent entraîner quelques effets secondaires, parmi lesquels nausée, diarrhée calculs et inflammations stomacales, faiblesse, vertiges et fatigues.

Pour des doses supérieures à 500 mg/j, une augmentation de production d’acide oxalique pourrait induire un risque de calculs rénaux d’oxalate. Cet effet secondaire est controversé par certaines études. En effet, les végétaux qui apportent de la vitamine C apportent aussi des oxalates, d’où la confusion.

Depuis sa synthèse dans les années 1930, la vitamine C est utilisée à toutes doses à travers le monde. Les seuls effets secondaires associés à son utilisation et qui soient établis sont la diarrhée bénigne et une action diurétique. Celles-ci surviennent lorsqu’elle est consommée trop rapidement et en trop grande quantité. L’organisme ne pouvant la stocker, il en élimine ainsi l’excès.

Des études cliniques montrent :

  • que la consommation de vitamine C n’augmente pas et même réduit l’incidence de calculs rénaux.
  • que la vitamine C n’a pas d’effet mutagène (étude sur des doses allant jusqu’à 5 000 mg par jour).

Les études in vitro montrent que la vitamine C, même en présence de métaux de transition n’a pas d’effet mutagène et qu’au contraire elle protège les cellules de l’action mutagène du peroxyde d’hydrogène.

Questions et réponses du Professeur Philippe Humbert chercheur en cosmétologie :

Comment, précisément, la vitamine C agit-elle pour réparer les lésions cutanées liées au soleil ? Quels sont les mécanismes biochimiques impliqués au niveau des différentes cellules de l’épiderme et du derme ?

Parmi les principales modifications observées au cours du photovieillissement on note une diminution de l’épaisseur de l’épiderme et du derme et une perte de l’élasticité de la peau. Or la vitamine C stimule la prolifération des fibroblastes et la synthèse de collagène, comme cela a été démontré in vitro, mais également par une étude clinique in vivo (notre publication dans le Journal of Investigative Dermatology). Cette action de la vitamine C sur le derme modifie le relief cutané, en le rendant plus isotrope, c’est-à-dire en faisant réapparaître des sillons plus caractéristiques de la peau jeune et en réduisant les ridules. La vitamine C a aussi une action sur la prolifération des kératinocytes in vitro.

Un autre mode d’action de la vitamine C repose sur son action antiradicalaire. Vous savez qu’un organisme humain produit des radicaux libres, dont la production est d’ailleurs augmentée sous l’exposition ultraviolette. Peu à peu se produit un déséquilibre entre la production radicalaire et les systèmes de protection anti-radicalaire. La vitamine C, puissant anti-radicalaire a une action directe et indirecte en synergie avec la vitamine E. La vitamine E permet de conserver l’intégrité des membranes cellulaires en les protégeant de la peroxydation lipidique.

Quel est le dosage minimum de vitamine C pour qu’une crème cosmétique soit efficace comme réparateur du vieillissement cutané lié au soleil ? Quel est le temps d’application minimum ? Les effets sont-ils durables après arrêt d’utilisation ?

Les effets de deux dosages de vitamine C dans une crème cosmétique (5 et 10 %) ont été évalués chez l’homme. Concernant la crème contenant 5 % de vitamine C, son effet optimum a été observé 6 mois après une application journalière. Une crème contenant 10 % de vitamine C sous forme hydrosoluble et 7 % sous forme liposoluble a été appliquée durant 12 semaines. Bien qu’il soit difficile d’interpréter ces résultats car il existe des différences au niveau de la formulation des crèmes et de la durée du traitement, il était clairement établi qu’à partir d’une concentration de 5% de vitamine C, une efficacité est observée. Il n’est pas non plus démontré que l’efficacité soit proportionnelle à la concentration de la vitamine C dans le cosmétique. La durée de l’effet après arrêt d’utilisation n’a été évalué dans aucune étude, me semble-t-il.

La vitamine C peut-elle être utilisée efficacement comme soin réparateur après soleil dans le cas de coups de soleil par exemple ?

Les soins réparateurs après soleil font le plus souvent appel à des mélanges de vitamine anti-oxydante ou anti-radicalaires telles que les vitamines C et E. Plusieurs travaux ont déjà montré qu’un apport en anti-oxydant peut retarder le seuil d’apparition d’un érythème (coup de soleil). La vitamine C, molécule hydrosoluble intervient en première ligne, pour tenter de neutraliser les radicaux libres, dont la formation augmente avec l’exposition au soleil. Les radicaux libres qui ne sont pas interceptés à ce stade vont tenter de s’attaquer aux lipides des membranes cellulaires et c’est alors qu’intervient la vitamine E. Cette protection n’est pas sans limite. Après un bain de soleil en effet, la concentration en anti-oxydants à tendance à diminuer dans le sang. Donc un apport complémentaire en vitamine C et E (cette fois par voie orale, [sous forme de compléments alimentaires]) pourrait permettre de restaurer l’arsenal défensif.

Les propriétés de la vitamine C pourraient-elles être utilisées dans des cosmétiques anti-âge ?

Les propriétés de la vitamine C sont en effet déjà utilisées dans des cosmétiques anti-âge. Cela a fait l’objet de plusieurs études, dont celle que nous avons réalisé dans notre laboratoire. L’utilisation d’une crème à 5 % de vitamine C a montré une amélioration de l’ultrastructure (l’aspect de la peau en microscopie électronique) et du microrelief, chez des sujets âgés de 51 à 59 ans.

Notre équipe de recherche a pu montrer dernièrement que la teneur du derme en vitamine C diminuait de façon quasiment linéaire avec l’âge (ce travail a fait l’objet d’une publication dans Gerontology en 2003). Il apparaît donc que non seulement l’apport de vitamine C est utile dans le cadre du photovieillissement mais aussi du vieillissement cutané chronologique. D’autres molécules présentent un intérêt dans le vieillissement chronologique. Je pense particulièrement à l’acide rétinoïque ou ses dérivés, l’avocadofurane, les dérivés de l’acide ursolique…

Pouvez-vous recommander aujourd’hui un ou plusieurs produits cosmétiques à la vitamine C, susceptibles d’apporter des résultats dans les soins correcteurs du vieillissement ?

Il m’est difficile de recommander des produits cosmétiques contenant de la vitamine C, sans connaître les études réalisées pour chacun d’eux. Ce que je peux vous dire, concerne deux produits pour lesquels nous avons eu l’occasion de faire des études : il s’agit d’Active C [La Roche-Posay] et de Flavo C ; l’un et l’autre ayant des propriétés pharmacologiques et pharmacodynamiques démontrées.

Tous les cosmétiques à la vitamine C sont-ils efficaces ?

Pour qu’une crème à la vitamine C soit efficace, il faut que la vitamine C soit sous forme levogyre (forme naturelle) et qu’elle ne soit pas oxydée. Il est donc nécessaire pour les industries de la cosmétique de développer des excipients aptes à conserver la vitamine C dans cette configuration. C’est notamment le cas des polyols dans un cas ou du pH plus acide dans un autre cas.

L’absorption percutanée de vitamine C est maximale si celle-ci se trouve sous forme L-acide ascorbique  et lorsqu’elle est formulée à un pH inférieur ou égal à 3,5. Dans la littérature on retrouve la notion d’une protection plus grande de la vitamine C, vis-à-vis de l’oxydation lorsqu’elle celle-ci est dissoute dans la phase aqueuse d’une émulsion ou dans de l’huile dans l’eau.

Les compléments de vitamine C par voie orale ont-ils un effet bénéfique sur la peau ? En prévention solaire ? Du vieillissement chronologique ?

Concernant l’intérêt de l’apport de vitamine C par voie orale, celui-ci me semble modeste compte-tenu de la faible biodisponibilité de la vitamine C au niveau de la peau, après administration orale.

Par voie topique, l’association avec d’autres substances antioxydantes comme la vitamine E, des polyphénols, de la Co-enzyme Q 10 ou du Rétinol renforce-t-elle l’efficacité de la vitamine C ?

A ma connaissance aucune étude comparative n’a été effectuée concernant l’association vitamine C versus vitamine C + rétinol, ou vitamine C versus vitamine C + polyphénol ou vitamince C versus vitamine C + coenzyme Q10.

A propos cosmeticshomemadecolchique

Passionnée des cosmétiques et des savons faits maison.
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