Extraits de plantes liquides, alcooliques, glycérinés et huileux

Sources : Phytomania, InfoNaturel.ca.

Traditionnellement et de façon préférentielle, les plantes sont récoltées dans leur habitat naturel, mais de plus en plus c’est difficile à réaliser à cause de l’augmentation permanente des zones agricoles traitées par des pesticides y compris les pâturages, les haies et les jachères.

Quand on récolte des plantes il faut prélever que la quantité nécessaire, si possible à l’écart des routes passantes et des zones d’agriculture intensive et enfin s’assurer de la bonne identification de la plante.

On récolte :

  • les plantes entières : à l’époque de leur floraison,
  • les feuilles : après développement complet et avant la floraison,
  • les fleurs et les rameaux fleuris : avant l’épanouissement total des fleurs,
  • les racines des plantes annuelles : à la fin de la période végétative,
  • les racines des plantes bisannuelles : à la fin du repos végétatif de la première année et avant la reprise de la deuxième année,
  • les racines des plantes vivaces : au cours de leur deuxième ou troisième année avant qu’elles ne deviennent trop dures et fibreuses,
  • les fruits et graines : à maturité ou très légèrement avant et sécher les fruits,
  • les écorces d’arbre : en hiver, au début du printemps ou pendant la saison sèche,
  • les écorces d’arbrisseau : après la saison chaude ou en fin de saison humide.

Si la plante n’est pas destinée à être utilisée dans les 24-48 heures (conservation au frais ou les pieds dans l’eau), il faut procéder à sa dessiccation ou à la préparation d’une teinture mère :

  • séchage à l’ombre dans un espace non confiné et aéré : grenier, four solaire, claie ombragée,
  • séchage au four (chaleur douce), notamment dans les régions au fort degré hygrométrique et presque toujours pour les grosses racines charnues, après qu’elles aient été débitées en rondelles ou morceaux.

Une fois bien déshydratées, les plantes sont maintenues en bouquet quand on pense les utiliser prochainement, sinon on les conserve entières, en fragments ou en poudre dans des récipients étanches à l’air et à l’humidité pendant 6 à 12 mois.

INFUSIONS, THES OU TISANES

La plante sèche ou fraîche, parfois en poudre ou petits morceaux est recouverte d’eau très chaude ou bouillante. Après 3 à 6 minutes, on remue légèrement et on filtre.

Conservation au frais 6 à 12 heures.

DECOCTIONS OU THES CONCENTRES

La plante sèche ou fraîche, hachée ou en poudre, est mise dans un récipient avec de l’eau froide. On porte à ébullition et on laisse frémir 10 à 20 minutes avant de filtrer.

La décoction peut se conserver 2 à 3 jours au froid.

TEINTURES ALCOOLIQUES ET TEINTURES MERES

Les teintures mères sont obtenues par macération de plantes fraîches dans de l’alcool éthylique et dans le cas de plantes sèches on parle de teintures alcooliques.

L’alcool a la réputation d’être le plus puissant des solvants. Le terme «solvant» correspond au liquide dans lequel les plantes sont macérées (alcool, vinaigre, glycérine etc…) ; ce dernier a la capacité d’extraire et de conserver les différentes substances curatives des plantes.

Le pourcentage d’alcool utilisé, varie habituellement entre 20% et 94%.

Dans le cas des plantes contenant des résines, beaucoup d’huiles essentielles ou alors des plantes plutôt coriaces, on recherche un pourcentage d’alcool plus élevé. Mais en général, un alcool à 40% comme la vodka ou le brandy fait bien l’affaire.

Les teintures se conservent pendant des années et ne nécessitent que peu de plantes pour être fabriquées.

Méthode traditionnelle :

– Utiliser des plantes fraîches cueillies dans la journée et les faire macérer séparément.

– Hacher les plantes à l’aide d’une planche et d’un bon couteau.

– Remplir avec les plantes hachées presque à rabord un pot de verre préalablement stérilisé.

– Remplir une deuxième fois le pot de verre avec l’alcool choisi, de manière à recouvrir complètement la plante. Il est préférable de sélectionner un pot qui conviendra parfaitement à notre quantité de plante, c’est-à-dire qu’il ne restera aucun espace une fois la plante immergée dans l’alcool.

– Refermer le pot et bien étiqueter.

– Entreposer à l’abri de la lumière pendant 6 semaines en brassant le pot si possible tous les jours.

– Si le niveau d’alcool baisse les premiers jours (il est plus prudent de vérifier), il sera alors nécessaire d’en rajouter pour que la plante demeure immergée.

– Après 6 semaines, filtrer la préparation, puis l’embouteiller dans une ou plusieurs bouteilles de verre ambré stérilisées et bien étiqueter.

Certains utilisent un ratio poids divisé par volume précis, afin d’arriver à une concentration constante et connue. Le ratio le plus fréquemment employé en ce qui concerne les plantes fraîches est de 1 divisé par 2, c’est-à-dire une part en grammes de plantes pour deux parts en millilitres d’alcool. Il est tout aussi faisable de réaliser une teinture avec des plantes séchées, quoique ce ne soit pas l’idéal pour certaines herbes, mais le ratio moyen est alors de 1 divisé par 5.

MACERATS GLYCÉRINES

La glycérine est un liquide transparent issu des corps gras, inodore, à la consistance sirupeuse et au goût sucré.

On prépare les macérats glycérinés comme on le ferait pour les teintures.

Il est toutefois préférable de toujours diluer la glycérine au préalable avec de l’eau distillée, car celle-ci peut être légèrement irritante à l’état pur. Le pourcentage de glycérine varie généralement de 50 à 80%. Plus la plante contient de l’eau, plus la concentration de glycérine sera élevée et moins il y aura d’humidité dans la plante, plus on diluera la glycérine.

Les macérats glycérinés ont une durée de vie et une concentration de principes actifs un peu moins importantes que les teintures.

Les macérats glycérinés conviennent bien aux personnes qui ne peuvent absolument pas consommer d’alcool, ainsi qu’aux enfants qui apprécient leur goût sucré. On peut rajouter les glycérés aux sirops comme agents de conservation.

MACERATS HUILEUX

L’huile d’olive soit la plus populaire, mais les huiles d’amande douce, de sésame, de tournesol ou de pépin de raisin, représentent autant d’options intéressantes pour faire des macérats huileux.

On utilise pour faire des macérats huileux des plantes fraîches ou séchées. Pour une première expérience, il peut être plus facile d’opter pour des plantes séchées qui auront moins tendance à créer des moisissures. Si vous décidez d’utiliser des plantes fraîches, assurez-vous de les cueillir par temps ensoleillé une fois que la rosée s’est dissipée, puis attendre quelques heures afin que l’excédent d’humidité s’évapore.

On peut opter pour une macération huileuse à froid ou à chaud. L’idéal pour une macération à chaud, est de chauffer la préparation le plus longtemps possible à une température la plus douce possible.

 

A propos cosmeticshomemadecolchique

Passionnée des cosmétiques et des savons faits maison.
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26 commentaires pour Extraits de plantes liquides, alcooliques, glycérinés et huileux

  1. mlk dit :

    Important de rappeler que nous ne devons prélever que le strict necessaire et de ne pas dépouiller
    Un peu d’eau ou d’alcool dans les extraits glycérinés permettent aussi de diluer la glycérine , liquide très visqueux
    je fais toujours une petite de 2 ou 3 jours, la plante est toujours fraiche mais un peu lestée de son eau et des bêbêtes
    le rhum ambré ou blanc est aussi un bon solvant, qui monte à 55%, le choisir de très bonne qualité
    On peut aussi utiliser le sorbitol en lieu et place de la glycérine
    Merci Colchique

  2. Missrimel dit :

    Voilà un récapitulatif très complet, et très utile! Merci! 😉

  3. sylvie dit :

    merci pour ce recapitulatif complet ,je suis souvent a me demander comment faire!je me demande souvent comment faire et quand j ai cherche aucune ne donne les memes proportions la c est clair j imprime et je colle ds mon cahier.
    je me permets de donner une info j ai trouve un blog bien sympa :mellimellow celui d helene qui vit aux etats unis .
    merci colchique ,bonne journee bises

  4. venezia dit :

    je recommence, mon long commentaire a été mangé!!

    Colchique, merci pour ces rappels.

    Quelques suggestions
    -Pour les teintures, il faut se fier à son nez pour la durée de macération; les fleurs fraiches ou les peaux d’agrumes ne nécessitent parfois qu’une journée ou meme moins.
    -pour renforcer le parfum d’une teinture, il suffit de remettre dans le meme alcool filtré une deuxième fournée de la même plante et on peut continuer assez longtemps, je fais cinq ou six macérations successives pour une teinture de jasmin par ex.
    – pour avoir une bonne durée de vie, une teinture doit être limpide, bien la filtrer, éventuellement, laisser reposer une nuit pour laisser se déposer au fond les mini résidus et transvaser le lendemain en laissant la « lie » au fond.
    -on peut sophistiquer une teinture en coupant un alcool de degré élevé avec un hydrolat plutôt que de l’eau. (j’utilise souvent l’hydrolat de rose). je fais de même pour les HG
    -pour les teintures d’encens, j’utilise un systeme à l’ancienne: je fais successivement tremper le meme encens dans des alcools de degré différent puis j’assemble au final.

    -pour les macérats huileux, idem pour le filtrage, laisser éventuellement déposer une nuit avant de retransvaser. et ne pas oublier d’ajouter un anti oxydant si les huiles sont fragiles. je conserve les macérats huileux au frais.

  5. michele dit :

    Merci pour les liens Colchique!

    Si les tisanes et autres décoctions me sont indispensables en guise de boissons, j’ai beaucoup de réticence à les utiliser dans mes préparations cosmétiques même avec des conservateurs efficaces.
    C’est une réelle difficulté très personnelle il est vrai car pour moi ce sont des extraits très phytothérapiques, à boire donc en complément d’une aromathérapie éventuellement.

    Enfin, si tu voulais aussi aborder les extraits en usage interne et pas seulement externe, ce message extrêmement complet ne le serait pas sans évoquer les E.P.S.
    Mais il est vrai qu’ils proviennent de teintures stabilisées dans la glycérine après évaporation de l’alcool😉 solvants que tu abordes.

    J’en viens à délaisser les anciens supports que sont les TM. et autres extraits qui peuvent paraitre obsolètes aujourd’hui.
    Convaincre les non-initiés aux bienfaits de la phytothérapie demande une efficacité quasi-immédiate (on est dans un temps où le temps n’est plus ce qu’il était ^_^) et il me semble que les supports classiques (T.M. entre autres) ne peuvent plus suffire.

    Et il n’est pas interdit d’utiliser les EPS dans nos formules, ça marche très bien. Je mets toujours de la glycérine dans mes crèmes et ces supports stabilisés dans de la glycérine sont idéaux.
    Un bémol quand même : l’odeur, le goût et la couleur… mais c’est souvent le cas avec les plantes.

    Colchique tu es un trésor.

    • Michele, merci beaucoup pour ton commentaire très intéressant comme toujours.

      Moi aussi j’ai beaucoup de mal à utiliser les tisanes et les décoctions dans les cosmétiques, car je pense qu’elles sont surtout efficaces en interne.

      Oui, tu as raison de signaler dans ton message les E. P. S. (extraits de plantes standardisées) pour compléter mon article. En effet, les EPS me semblent très intéressants à utiliser dans nos formules.

      Extrait du lien ci-dessous :

      http://www.groupepileje.fr/Des-alternatives-a-base-de-plantes

      Le procédé d’extraction des Extraits de Plantes Standardisés (E. P. S.) s’effectue en 5 étapes :

      – le choix minutieux des plantes de préférence d’origine biologique ;
      – leur congélation et stockage immédiatement à -18° ;
      – leur cryobroyage mécanique encore congelées ;
      – puis la lixiviation (augmentation progressive du degré alcoolique d’extraction) pour recueillir un maximum de principes actifs et utiles ;
      – l’évaporation de l’alcool, puis l’ajout de glycérine végétale qui permet de stabiliser et de conserver les qualités de l’extrait de plantes.

      Le résultat est un produit de phytothérapie liquide, sans sucre et sans alcool, pour préparation magistrale.

  6. Bonjour Colchique. C’est la première fois que je te laisse un message, mais je te lis depuis un bout de temps et j’adddoooore tes articles. Ils sont tous des mines d’informations vraiment utiles !! Tes explications sont claires et précises et je sens que tes recherches sont plus que superficiels.
    Je tiens aussi à dire que je fais toujours des comparaisons entre les différents blogs pour connaître les idées merveilleuses que l’on peut y trouver et comparer les articles car des fois on peut trouver des contradictions… voire des faussetés. Je ne veux surtout pas que tu penses que je te dis que tes idées sont erronées. Je suis peut-être maladroite en écrivant cela.:-/
    C’est seulement que je me suis déjà fait avoir à lire un article traitant d’un sujet de façon totalement fausse et que j’ai cru dur comme fer un temps…. le temps que je me rende compte que finalement que la blogeuse était assez loin dans le champ et que je la suivait docilement.
    Mais cet article mis en comparaison avec un autre illumine mes lanternes.
    Encore merci et au plaisir de te lire encore longtemps.

    • Bonjour Marie-Cloé Soucy Hamel et bienvenue sur mon blog.

      Merci beaucoup pour ton commentaire et je suis contente que tu me lises.

      Je cherche à être la plus claire possible lorsque je rédige un article, en faisant des recherches sur les sites me paraissant sérieux et surtout les mentionner dans mes sources, car je ne suis pas à l’abri d’une mauvaise interprétation d’informations. Je recherche également sur internet, les sites qui donnent des informations faciles à comprendre par tous pour faire la plupart de mes articles.

      Tu as raison de faire des recherches sur plusieurs blogs.

  7. marie dit :

    Bonjour, merci en effet pour ces rappels des techniques et tous ces commentaires complèmentaires. Par contre comment fait on réduire une teinture et quel en seront l’utilisation et l’intêrét? Je l’ai déjà lu dans des recettes cosméto mais je ne sais pas pourquoi. J’en utilise en l’état ainsi que des HG dans des baumes pour soulager ou chauffer les muscles .
    Je connais pas les EPS dont parle Michèle, j’irai voir le lien que tu as mis ça semble intéressant
    merci d’avance à celle qui éclairera ma lanterne
    Marie

    • Bonjour Marie et bienvenue sur mon blog.

      Personnellement, je pense qu’on risque d’endommager et de perdre certains principes actifs si on s’amuse à vouloir réduire nous-même une teinture mère. Je pense que le procédé de réduction d’une teinture mère doit être très précis et que les laboratoires en connaissent bien la recette et on le matériel pour le faire dans de bonnes conditions.

      A mon avis, il vaut mieux utiliser les EPS plutôt que de s’amuser à réduire une teinture mère.

      Il me semble que les teintures mères peuvent être bénéfiques à faible dose dans les baumes.

      Les teintures mères et les EPS peuvent également être prescrits par voie interne par des professionnels de santé.

  8. bibiedel dit :

    merci pour toutes ces bases

  9. cannella dit :

    Colchique, j’aime de plus en plus tes articles de plus en plus intéressants.
    Bisous et merci

  10. Irène dit :

    D’abord, merci pour cet article très informatif et qui rendra de grands services.

    Car nos plantes sont des trésors et nous devons faire tout notre possible pour les faire aimer et les faire connaître dans l’utilisation de nos produits.

    Je suis fan des macérâts pour la coloration des savons mais pas seulement, tu le sais bien (Merci pour le lien vers Akimiti). Et pas seulement la coloration : je me souviens d’un savon fait avec un macérât de sauge dont l’odeur était vraiment présente.

    J’utilise sans crainte mes décoctions et tisanes si je sais que la plante est idéale pour le but que je poursuis mais cela demande, effectivement, une asepsie extrêmement rigoureuse. Elles donnent une odeur spéciale que j’aime beaucoup dans les préparations. Mais, effectivement, il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

    Je suis également en amour avec les teintures mères et Venezia a fort bien parlé ! Je ne fais pas de réductions de teinture mais je n’hésite pas à en incorporer dans des produits destinés au visage. C’est une question d’équilibre et cela ne pose pas de problème.

    Et maintenant que j’ai découvert l’enfleurage, les petits pots se multiplient sur les étagères !

    J’aime que les commentaires soient constructifs et ils sont également la récompense du travail fourni. Merci pour le tien.

  11. Nicole dit :

    J’ai de l’extrait en poudre de réglisse.J’ai fait un extrait glycériné,je ne sais si j’ai utilisé les bonnes proportions mais il était beaucoup trop épais,j’ai alors rajouté de l’alcool au piff ! As-tu une bonne recette d’extraits glycérinés avec des poudres de fruits ou de plantes ?
    Merci. Nicole.

  12. Miclo dit :

    Très bien tous ces conseils!!! je me suis mise à faire des macérats et je trouve ça super !!!!j’ai pris un teint je ne vous dis pas avec l’autobronzant de carotte!!!et à la rose pour le visage !!!! je découvre avec grand plaisir d’autant plus que j’ai un jardin « Bio » je vais même avoir des petites baies de goji !!!! une merveille!!!! j’ai fait de l’alooés …..calendulat..feuilles de..figuier….millepertuis ..j’ai parfumé avec des huiles Essentielles !!!c’est génial !!!!les copines vont être contentes !!!
    Merci de vos conseilles .Miclo.

  13. Gielle dit :

    Mais il n’y a pas que pour les savons que tu es une fée!!!
    Un tout grand merci pour cet article! Il est parfaitement structuré et me sera donc bien précieux quand je ne saurai plus « quoi avec quoi »…

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