Goudrons et pétrole brut en cosmétique

Jazz m’a offert un savon au goudron de pin que j’aime beaucoup. Donc j’ai fait quelques recherches sur Internet pour faire mon article.

Merci beaucoup Jazz pour ce magnifique savon !

Ci-dessous, le lien vers le blog de Jazz concernant ses magnifiques savons au goudron de pin :

http://savonsfantaisies.blogspot.fr/2013/08/savon-au-goudron-de-pin-contre-leczema.html

 

Sources : Wikipédia, Thérapeutique dermatologique, Développement durable, Médecine et santé

Depuis des siècles, les goudrons figurent dans l’arsenal thérapeutique, notamment en dermatologie et cosmétologie.

Les goudrons se définissent par leur mode d’obtention : la distillation sèche de combustibles.

Parmi les produits obtenus, un liquide sombre, insoluble dans l’eau et présentant une odeur empyreumatique se distingue : c’est le goudron.

Il existe 3 catégories de goudrons : les goudrons végétaux, fossilifères et sédimentaires.

Les goudrons végétaux sont obtenus en soumettant une espèce de bois à haute température.

Parmi les goudrons végétaux, l’huile de cade, produite à partir de juniperus oxycedrus est la plus employée. Sa composition est complexe et caractérisée par une proportion élevée d’hydrocarbures tels que le cadinène. De par cette composition complexe, elle est antipurigineuse, kératolytique, cicatrisante, antiseptique, antifongique et arthropodicide. Aussi, est elle utilisée sous forme de shampooings dans le traitement des états pelliculaires, sous forme de pommades et de préparations magistrales dans les états séborrhéiques et dans le psoriasis du cuir chevelu.

Le deuxième type de goudron est le goudron de houille issu de la pyrolyse de la houille. Il contient environ 10 000 composés différents. Les principaux composants sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques. Ses propriétés pharmacologiques sont essentiellement kératolytiques et kératoplastiques. Aussi, il est indiqué dans le traitement des eczémas, des dermites séborrhéiques et surtout dans le traitement du psoriasis. Mais, le goudron de houille a de nombreux effets indésirables dont un risque cancérigène lié à la présence des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Suite à la mise en évidence de ce risque, le goudron de houille n’entre plus depuis 1998 dans la composition des cosmétiques.

La catégorie des goudrons sédimentaires est représentée par l’ichthyol issu de la distillation sèche d une roche bitumineuse. Sa composition est mal connue et complexe. Il est caractérisé par un pourcentage important de soufre (10%) et par la présence de substances aromatiques. L’ichtyol a de multiples propriétés pharmacologiques dont des propriétés anti-inflammatoires, antifongiques, antibactériennes et kératoplastiques. Aussi, est il utilisé dans les eczémas, le psoriasis, en tant que protecteur des peaux irritées, mais surtout dans les cosmétiques pour des états pelliculaires du cuir chevelu.

Un goudron résulte de la distillation destructive d’une substance organique.

Hippocrate utilisait déjà des goudrons de pins, mais seuls sont encore disponibles en thérapeutique l’huile de cade, l’ichtyol et les goudrons de houille.

Les différents goudrons :

– les goudrons d’origine végétale (pin, hêtre, bouleau, cèdre), qui ont été traditionnellement utilisés dans les pays scandinaves. L’huile de cade, issue du bois de genévrier, garde un intérêt dans le traitement du psoriasis du cuir chevelu ;

– l’ichtyol, extrait d’un schiste bitumineux du Tyrol ou de l’Ain est riche en soufre. Il a remplacé le goudron de houille dans certains shampooings traitants et peut être utilisé dans des préparations magistrales ;

– le goudron de houille (coaltar), qui a été largement utilisé dans le traitement du psoriasis depuis le milieu du XIXe siècle, est devenu beaucoup plus cher depuis la disparition des cokeries dont il était un sous-produit. C’est un mélange complexe d’environ 10 000 substances ; 400 d’entre elles ont une structure chimique connue.

Le cade

Le Cade ou Genévrier cade (juniperus oxycedrus), est un petit arbre ou un arbrisseau fréquent en région côtière méditerranéenne (du Maroc à l’Iran), où il est l’une des plantes caractéristiques des garrigues et des maquis. Les cônes comestibles frais sont bruns à orange.

Le genévrier cade est le plus courant des genévriers méditerranéens. On le rencontre dans l’ensemble du bassin et sur les hauts plateaux et vallées du Massif central. Il apprécie les lieux arides, rocailleux, sur calcaire ou sur sols acides, où il est fréquemment associé au chêne vert et au chêne kermès.

Du bois, on extrait l’huile de cade, utilisée autrefois pour ses vertus cicatrisantes, toujours très appréciée comme antiseptique et désinfectant. L’huile de cade est fréquemment associée à divers produits tels que les shampooings. Elle constitue un traitement local d’appoint du psoriasis et des dermites séborrhéiques. Elle sert aussi à soigner les sabots des chevaux (entre dans la composition de l’onguent de maréchal).

Les fours à cade qu’on trouve encore dans la garrigue en Provence (notamment à Cuges-les-Pins), rappellent l’époque où cette huile était produite directement dans les champs. Là où poussait le genévrier cade, on construisait de grands fours cylindriques en pierre. Le bois y était lentement consumé et on récupérait l’huile dans la partie basse du four. Leur utilisation a cessé pendant la Seconde Guerre mondiale. Les distilleries modernes ont supplanté cette méthode artisanale.

Le goudron de Norvège

http://www.reptox.csst.qc.ca/produit.asp?no_produit=1615243&nom=Huile+de+goudron+de+pin

Egalement appelé goudron de pin, goudron officinal, goudron végétal ou poix liquide, le goudron de Norvège est un produit naturel d’origine végétale.

Le goudron de Norvège s’obtient par carbonisation du pin : une opération consistant à chauffer le bois à haute température en l’absence d’air, afin de la transformer en charbon et en goudron végétal (après distillation). Le résultat est un liquide visqueux et collant de couleur noire. A noter : le pin, riche en résine, est connu pour donner le meilleur goudron.

Les vétérinaires et les propriétaires de chevaux connaissent très bien le goudron de Norvège, car ils l’utilisent régulièrement pour entretenir les sabots. Antiseptique et anesthésiant, le produit prévient ou aide à guérir de la pourriture de la fourchette (très efficace en milieu humide). Il faut alors l’appliquer sur un sabot propre une fois par jour.

Notons par ailleurs, que le goudron de Norvège est souvent employé pour cicatriser les coussinets blessés des chiens.

Les vertus antiseptiques du goudron de Norvège, font qu’on le retrouve aussi dans certaines crèmes et savons.

Le goudron de houille

Les goudrons de houille (coaltar), appelé aussi simplement goudron, sont des dérivés houillés de couleur marron à noire, très visqueux, voire solides (brai de goudron). Ce sont des sous-produits de la distillation de la houille lors de la fabrication du coke, ou de sa gazéfaction en gaz de houille. Dans le langage courant, on les confond souvent avec le bitume d’origine pétrolière.

Comme le goudron de pin, ils peuvent être utilisés dans les shampooings à usage médical, les savons et les pommades, comme traitement contre les pellicules et le psoriasis, ainsi que pour tuer et repousser les poux.

Selon le Centre international de recherche sur le cancer, les préparations contenant plus de 5 % de goudrons de houille bruts sont dans le Groupe 1 des cancérigènes.

Ci-dessous, un lien avec un document en PDF que je trouve très intéressant :

http://archive.bu.univ-nantes.fr/pollux/show.action?id=737679f7-00ee-4fff-a7a4-ad8bba71662f

Ci-dessous, deux autres liens intéressants :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1996_num_84_312_6245

http://www.freepatentsonline.com/WO1995007702.html

Le pétrole

http://www.geowiki.fr/index.php?title=P%C3%A9trole

http://www.inrs.fr/accueil/produits/mediatheque/doc/publications.html?refINRS=ED%204226

http://www.universalis.fr/encyclopedie/petrole-le-petrole-brut/

Il existe des centaines de bruts de par le monde. Certains servent comme étalon pour établir le prix moyen du pétrole en provenance d’une région donnée. Les bruts les plus connus sont l’Arabian Light (brut de référence du Moyen-Orient), le Brent (brut de référence européen) et le West Texas Intermediate (WTI, brut de référence américain).

Selon sa provenance, le brut peut contenir des gaz dissous, de l’eau salée, du soufre et des produits sulfurés (thiols –mercaptans- surtout). Il a une composition trop complexe pour être décrite en détails. Il faut distinguer simplement trois catégories de brut :

  • à prédominance paraffinique ;
  • à prédominance naphténique ;
  • à prédominance aromatique.

Il faut signaler également qu’il existe des bruts aptes à faire du bitume. Ce sont des bruts très lourds de type Boscan, Tia Juana, Bachaquero ou Safaniyah. Les deux principaux critères pour classer les centaines de bruts différents qui existent sont la gravité (densité) et la teneur en soufre ; depuis le plus léger et le moins sulfureux (qui a la plus haute valeur commerciale) qui est du condensat, jusqu’au plus lourd et au plus sulfureux qui contient 90 % de bitume environ : c’est un brut d’Italie.

L’usage du pétrole remonte à l’Antiquité, mais l’approvisionnement était limité aux affleurement naturels de pétrole et au pétrole trouvé accidentellement en creusant des puits pour trouver de l’eau potable ou de la saumure. Ces sources étaient faibles et irrégulières. Les civilisations mésopotamiennes s’en servaient comme produit pharmaceutique, cosmétique et comme combustible pour les lampes à huile. Les Égyptiens employaient de l’asphalte pour la momification.

Au Moyen Âge il a été utilisé par les Byzantins, puis les Vénitiens, dans la préparation du « feu grégeois » pour incendier et couler les navires ennemis. Les Amérindiens, de leur côté, utilisaient du pétrole pour calfater les embarcations et pour ses supposées vertus médicinales. Au début du XIXe siècle, il existait une utilisation ponctuelle du pétrole, surtout aux États-Unis. Il était vendu comme remède « miracle », ou servait dans des lampes et comme lubrifiant. A la même époque, le pétrole de Gabian, était utilisé en France dans la pharmacopée et les salons de coiffure.

Ci-dessous, un lien que je trouve intéressant :

http://www.thalasso-thermale.com/actualite_115_Pour-les-fous-de-leur-corps-un-cadeau-en-or…-noir-.html

 

A propos cosmeticshomemadecolchique

Passionnée des cosmétiques et des savons faits maison.
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18 commentaires pour Goudrons et pétrole brut en cosmétique

  1. bulles dit :

    Tu fais vraiment parti des gens passionnés avec un coeur immense ! un travail de recherche très intéressant et très instructif sur le goudron. Merci ma belle je vais étudier ça ce W E.

  2. venezia dit :

    Merci pour ta recherche Colchique,
    le goudron de bouleau est encore très utilisé dans les pays scandinaves (comme j’avais pu le constater lors d’un voyage en Finlande). J’adore ces odeurs qui me rappelent (je ne sais pas trop pourquoi)… les zones portuaires et les routes au large.

    • Venezia, merci beaucoup pour ton commentaire.

      Je connaissais l’odeur du cade, car un des membres de ma famille utilisait il y a longtemps, une lotion qui en contenait pour soigner des problèmes au niveau du cuir chevelu.

      Le savon de Jazz m’a rappelé l’odeur du cade.

      Comme toi, j’aime cette odeur de goudron de bois. Par contre, j’aime moins l’odeur du coaltar que j’ai pu sentir dans un produit de la marque Phyto, que j’avais acheté il y a une vingtaine d’années.

  3. Jazz dit :

    Comme Bulles, je vais prendre mon temps pour bien lire tout ton article. Tu as dû passer beaucoup de temps pour récolter toutes ces informations, merci pour ton partage !

    • Jazz, merci beaucoup pour ton commentaire et ton savon que j’adore.

      Tu fais des savons qui sont d’un visuel extrêmement joli et je trouve toutes tes recettes géniales.

      Sans toi je n’aurais pas fait cet article, donc c’est moi qui te remercie de m’avoir fait cadeau un savon que j’adore. D’ailleurs, moi aussi, grâce à toi, je ferai des savons au goudron de pin.

      Je me suis régalée à fureter sur Internet, afin de récolter des informations pour faire mon article.

  4. FD-Labaroline dit :

    Merci pour le partage de tes recherches, voilà qui ouvre le champ des possibles (et illimité, le champ !)

  5. Marie dit :

    Décidément ce goudron me poursuit😉
    J’ai regardé ce matin une vidéo sur un tel savon, je me permets le lien : https://www.youtube.com/watch?v=Nxn9Y4I1kC0
    Il faudra que je regarde si je peux en trouver au Groenland du Nord au pire demander au maréchal ferrant !
    Merci pour cet article et le partage
    La dinde … ^^

    • Marie, merci beaucoup pour ton commentaire et la vidéo.

      Attention de contrôler la quantité de soude sur les calculateurs par mesure de sécurité, lorsqu’on voit son dosage dans une recette.

      J’aime bien cette vidéo, car elle montre bien le problème de figeage de la pâte à savon, si on met le goudron de pin à la trace.

      Je pense qu’il vaut mieux mettre le goudron de pin à fondre avec les corps gras et faire son savon à une température qui empêche le figeage de la pâte à savon. A mon avis, le figeage de la pâte à savon ne doit pas être confondu avec la trace, si on veut au final avoir un savon qui présente un aspect uniforme dans toute sa masse et éviter le risque d’avoir un savon caustique.

      Je pense aussi, qu’il vaut mieux ne pas dépasser le dosage de goudron de pin de la recette de Jazz que j’ai mis en lien dans mon article.

      Tu me fais rêver avec le Groenland. Avec cette chaleur j’ai envie de vivre dans un igloo.😉

      • Marie dit :

        Evidemment ce n’est que purement informatif et je plussoie le re-calculage des ingredients de chaque recette vue sur les sites et blogs ( questions de bon sens😉 )
        Je n’ai pas vraiment écouté la vidéo mais regardé vite fait ( Mr écoutait Vomibeurk Halliday :s)
        Pour le dosage je n’ai pas non plus ( honte à moi fait attention) et je crois qu’il vaut mieux en effet faire ce que d’autre ont dj fait et testé. Le lien était juste informatif

        Pour le Groenland, je n’y suis pas vraiment, j’habite ce pas pays ayant deux rois et 3 reines mais j’aime bien dire le Groenland…. où en vrai il fait 26°, réchauffement de la planète, info entendu au JT :s
        Plaisir de commenter de si beaux ( et utiles)articles🙂

  6. Marie dit :

    pas= petit clavier à fourché😀

    • Marie, la vidéo que tu as mise est très intėressante et tu as très bien fait de mettre le lien.

      Tu habites un très joli pays où il fait bon y vivre.😉

      Je suis très contente que tu apprécies cet article.

  7. angie dit :

    très bel article colchique, merci pour ce partage

  8. michele dit :

    Merci Colchique pour toutes ces informations.
    J’ai personnellement du recul face à l’utilisation d’ichthyol (ammonium) due à l’odeur que je trouve épouvantable et que je n’utiliserais pas sauf pour problème de peau insoluble autrement.

    Est-ce pour du psoriasis?

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